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Quand le terrain ne se reconnaît plus dans les clivages

Depuis quelque temps, une chose revient souvent dans les échanges entre dirigeants.

Un sentiment diffus, mais tenace.

Celui de ne plus se reconnaître dans les clivages politiques traditionnels. Ni par rejet de la démocratie. Ni par désintérêt. Mais parce que le réel, celui du terrain, ne rentre plus dans les cases.

Ce malaise n’est pas marginal. Il traverse des profils très différents, des secteurs variés, des territoires éloignés les uns des autres. Et pourtant, les mots utilisés sont souvent les mêmes.


Des valeurs qui reviennent, partout

Récemment, Christophe Courtin, entrepreneur et dirigeant, a publié un message très largement relayé. Non pas parce qu’il soutenait un camp, mais parce qu’il exprimait une série de convictions que beaucoup reconnaissent comme les leurs.

Liberté d’expression, même quand elle dérange.Débat et écoute plutôt que caricature.Travail, prise de risque, réussite assumée.Envie d’entreprendre avec moins d’obstacles et plus de stabilité.Un travail qui paie réellement.Une société solidaire qui aide à se relever, pas à s’installer dans la dépendance.Un État fort sur l’essentiel, mais plus sobre sur le reste.Moins de paperasse, moins de normes inutiles, plus d’efficacité.Des décisions plus proches du terrain.

Pris isolément, aucun de ces points n’est révolutionnaire.Pris ensemble, ils dessinent pourtant une ligne claire : celle du bon sens vécu.

Et surtout, ils échappent aux étiquettes classiques.


La réalité économique finit toujours par s’imposer

Dans un autre registre, mais avec la même exigence de vérité, l’intervention de Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, a récemment marqué de nombreux dirigeants.

Son discours n’était ni confortable, ni flatteur. Il parlait de dette.De fin de cycle.De l’illusion de l’argent facile.Du fait qu’un État-providence ne peut durablement dépenser plus que ce que l’économie produit.

Ce discours a trouvé un écho particulier chez les chefs d’entreprise. Non parce qu’il était alarmiste, mais parce qu’il était tenu par quelqu’un qui agit.

La réalité économique, qu’on le veuille ou non, finit toujours par reprendre ses droits.


Ce que savent ceux qui entreprennent

Pour beaucoup de dirigeants, ces constats ne sont pas théoriques.

Entreprendre, c’est investir avant de gagner.C’est prendre des risques personnels.C’est construire sur le long terme.C’est assumer quand les chiffres ne sont pas bons.Et surtout, c’est apprendre à ne pas dépenser ce que l’on n’a pas.

Ce sont des règles simples, parfois dures, mais incontournables.

Elles ne relèvent pas d’une idéologie. Elles relèvent de la réalité.

C’est aussi pour cela que beaucoup de dirigeants ont du mal à entendre des discours qui nient ces contraintes, ou qui promettent sans expliquer comment financer, comment durer, comment assumer.


Un décalage devenu visible

Le décalage n’est pas entre les dirigeants et la solidarité.Il n’est pas entre les dirigeants et le service public.Il n’est pas entre les dirigeants et l’intérêt général.

Le décalage est ailleurs.

Il est entre un terrain qui vit avec des contraintes permanentes, et des discours qui semblent parfois ignorer ces contraintes.

Il est entre ceux qui arbitrent chaque mois pour tenir, et ceux qui conçoivent des règles sans toujours mesurer leur traduction concrète.


Peut-être une autre manière de poser le débat

Peut-être que la question n’est plus de savoir s’il faut être de droite ou de gauche.Libéral ou social.Centralisateur ou décentralisateur.

Peut-être que la vraie ligne de fracture est devenue plus simple, et plus exigeante à la fois.

Entre les discours et le réel.Entre l’intention et l’exécution.Entre ce qui rassure à court terme et ce qui tient sur le long terme.

Écouter le terrain

Ce que disent aujourd’hui de nombreux dirigeants n’est pas une revendication catégorielle.C’est une demande de lucidité.

Lucidité sur les finances publiques.Lucidité sur la création de valeur.Lucidité sur le travail, l’effort, la responsabilité.

Écouter le terrain ne garantit pas des décisions parfaites.Mais ne pas l’écouter garantit presque toujours des décisions déconnectées.

C’est peut-être là que commence un débat plus mature, plus efficace, et plus honnête.

 
 
 

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