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Moins d’aides, plus de travail qui paie : des choix économiques à assumer


Depuis des années, la réponse réflexe aux difficultés économiques est presque toujours la même :

créer une aide supplémentaire.


Aide à l’embauche.

Aide exceptionnelle.

Prime ciblée.

Dispositif temporaire.


La France consacre aujourd’hui plus de 700 milliards d’euros par an à la dépense sociale, soit près de 30 % du PIB, un niveau parmi les plus élevés au monde.


Pourtant, malgré cet effort considérable :


  • le travail reste faiblement rémunéré en net,

  • les entreprises peinent à embaucher,

  • et l’incitation économique à travailler s’érode.



Le paradoxe français, chiffres à l’appui


Prenons un exemple simple.


Pour un salarié payé 2 000 € net :

  • l’entreprise supporte un coût total proche de 3 600 à 3 800 €,

  • soit près de 1 600 à 1 800 € de prélèvements.


👉 Le travail est cher pour l’entreprise

👉 Mais il ne paie pas suffisamment pour le salarié


Pour compenser, l’État redistribue ensuite :

  • aides au logement,

  • compléments de revenus,

  • primes exceptionnelles,

  • dispositifs ciblés.


On prélève fortement… pour redistribuer partiellement.

Un système complexe, coûteux, et peu lisible.

Proposition n°1 : transformer des aides en salaire net

Plutôt que de multiplier les aides, une piste consiste à réorienter une partie des dépenses sociales vers le salaire net.


Exemple :


  • une baisse ciblée de 5 points de charges sociales sur les bas et moyens salaires,

  • compensée par la suppression ou la fusion de certaines aides peu efficaces.


Effet attendu :


  • +100 à +150 € net par mois pour le salarié,

  • sans surcoût pour l’entreprise,

  • avec un signal clair : le travail paie davantage.



Proposition n°2 : alléger le coût du travail pour les PME

Aujourd’hui, les allègements de charges existent, mais :


  • ils sont complexes,

  • conditionnés,

  • instables dans le temps.


Une réforme plus efficace consisterait à :


  • abaisser durablement le coût du travail jusqu’à 2,5 ou 3 SMIC,

  • de manière simple, automatique et lisible.


Un allègement de 10 % du coût du travail sur ce segment représenterait :


  • un gain immédiat de trésorerie pour les PME,

  • une capacité accrue à embaucher ou augmenter,

  • un effet direct sur l’emploi local.



Proposition n°3 : faire de l’effort supplémentaire un vrai gain

Aujourd’hui, heures supplémentaires et efforts additionnels sont encore fortement fiscalisés.


Une mesure simple :

  • exonération durable des charges et impôts sur les heures supplémentaires,

  • plafonnée, mais lisible.


Effet :


  • augmentation immédiate du revenu net,

  • amélioration du pouvoir d’achat sans aide,

  • réponse rapide aux besoins de main-d’œuvre.



Proposition n°4 : remettre l’aide à sa juste place

Les aides doivent rester :


  • temporaires,

  • ciblées,

  • exceptionnelles.


Elles ne doivent pas devenir un substitut durable au salaire.


Un principe simple :

👉 toute aide pérenne doit être réinterrogée si elle devient plus incitative que le travail lui-même.


Et les finances publiques ?

L’objection est connue : qui paie ?


Une partie des réponses est déjà là :

  • hausse mécanique de la consommation,

  • augmentation de la TVA,

  • réduction du non-emploi,

  • baisse des coûts indirects liés au chômage et à l’assistance.


Un salarié qui gagne 150 € net de plus par mois :


  • consomme davantage,

  • génère de la TVA,

  • sécurise son parcours,

  • réduit sa dépendance aux aides.


Ce n’est pas une dépense.

C’est un investissement économique.


Un choix de modèle, pas un slogan

Il ne s’agit pas de supprimer la solidarité.

Il s’agit de la rendre compatible avec le travail.


Moins d’aides empilées.

Plus de salaire net.

Plus de valeur créée.


C’est un choix de structure.

Et comme tout choix structurel, il demande du courage et de la cohérence.



Les questions que le terrain pose


  • Pourquoi préférer redistribuer après avoir prélevé plutôt que moins prélever dès le départ ?

  • Pourquoi le travail reste-t-il si peu récompensé en France ?

  • Pourquoi les aides remplacent-elles trop souvent une réforme du coût du travail ?

  • Et si la meilleure politique sociale était, simplement, un travail qui paie mieux ?


La Parole des PME continuera de proposer des pistes concrètes, chiffrées et discutables, en partant du réel et non des slogans

 
 
 

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